Signes d’une ovulation réussie : les 5 repères que je lis vraiment, et ce qu’un test positif ne dit jamais à lui seul

Date15 JUIN 2026 | CYCLE OVARIEN | rédigé par Sophie Rodriguez

Sophie Rodriguez

Naturopathe spécialisée en fertilité et troubles hormonaux
Cabinet à Lyon et consultations en ligne

+600 femmes accompagnées depuis 7 ans

Formée et certifiée à l’école Euronature
Référencée par la Fédération Française de Naturopathie

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical.

Sommaire
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Les repères clés sur l’ovulation réussie

  • Une ovulation réussie n’est pas seulement une ovulation qui a lieu. C’est un ovocyte mature libéré, dans un environnement hormonal favorable, suivi d’une phase lutéale solide.
  • Les 5 signes les plus fiables : glaire cervicale fertile, hausse de la température basale, pic de LH, modification du col, et cohérence d’ensemble du cycle. Aucun ne suffit seul, c’est leur convergence qui confirme.
  • Un test d’ovulation positif signale le pic de LH, pas la libération de l’ovocyte ni la qualité de ce qui suit. C’est la première confusion à lever.
  • Une ovulation réussie n’est pas une grossesse. Les signes d’ovulation et les signes de début de grossesse appartiennent à deux moments différents du cycle. C’est la seconde confusion.
  • Sur les femmes que j’accompagne, près d’1 sur 3 se trompe d’au moins 2 jours sur sa date d’ovulation réelle, parce qu’elle se fie au calcul du jour 14 plutôt qu’aux signes croisés.

Vous avez peut-être un test d’ovulation qui vire au positif chaque mois. Une application qui vous annonce votre jour J. Des cycles réguliers, presque rassurants. Et pourtant, cette question qui revient : est-ce que mon ovulation se passe vraiment comme elle le devrait ?

Ce doute, je l’entends presque à chaque consultation. Pas chez des femmes désorganisées. Chez des femmes attentives, informées, qui font tout ce qu’on leur a dit de faire, et qui sentent quand même qu’un repère leur échappe.

Voilà ce que je veux poser d’emblée : un test positif ne confirme pas une ovulation réussie. Il signale un pic hormonal, rien de plus. Entre ce signal et une ovulation réellement aboutie, il y a plusieurs maillons, et c’est là que tout se joue.

Dans cet article, je vous donne les 5 signes d’une ovulation réussie que je regarde réellement en cabinet, ceux qui comptent et dans quel ordre. Puis je lève les deux confusions qui épuisent le plus les femmes en projet bébé : confondre le test de LH avec l’ovulation, et confondre l’ovulation avec le début d’une grossesse.

schéma du cycle menstruel avec ovulation et phases folliculaire et lutéale
Schéma du cycle menstruel illustrant les différentes phases (folliculaire, ovulation, lutéale) et le moment de l’ovulation dans un cycle de référence. Source : Hannah.

Qu’est-ce qu’une ovulation réussie, au juste ?

Une ovulation réussie, c’est la libération d’un ovocyte mature dans un environnement hormonal favorable, suivie d’une phase lutéale solide. Ce n’est pas un instant isolé, c’est une séquence.

Trois conditions doivent se réunir, dans cet ordre. D’abord, un follicule arrivé à maturité pendant la phase folliculaire. Ensuite, un pic de LH qui déclenche vraiment la rupture du follicule. Enfin, une production de progestérone suffisante dans les jours qui suivent.

Ce que cette définition change, c’est qu’on arrête de réduire l’ovulation à une porte qui s’ouvre une fois. En réalité, c’est une chaîne d’événements qui doivent s’enchaîner correctement, avec un certain rythme.

J’aime comparer une ovulation réussie à un atterrissage, pas à un décollage. Le pic de LH, c’est l’amorce de la descente. Mais un atterrissage réussi, c’est l’avion posé, stable, intact. Sur le plan clinique, cela veut dire un ovocyte réellement libéré, puis une phase lutéale qui tient ensuite.

Et c’est précisément là que se loge la première confusion.

Pourquoi un test d’ovulation positif ne suffit pas

Un test d’ovulation positif détecte le pic de LH, pas la libération de l’ovocyte. C’est la confusion que je rencontre le plus souvent en cabinet.

Une femme me dit : j’ai un test positif chaque mois, donc j’ovule. Souvent, c’est vrai. Parfois, non. Voici, mot pour mot, ce que j’entends revenir.

Ce que j’entends le plus souvent en consultation

« Pourtant mes tests d’ovulation sont positifs tous les mois. »

« Mon application me dit que j’ovule, donc je ne comprends pas pourquoi ça ne marche pas. »

« J’ai des cycles réguliers, donc normalement tout devrait être bon, non ? »

« Je pensais que si j’ovulais, le plus dur était fait. »

« À chaque fois que mon test devient positif, je me dis que ce mois-ci sera peut-être le bon. »

« J’ai l’impression que mon corps fait ce qu’il faut, mais le résultat n’est jamais là. »

En réalité, entre le pic de LH et l’ovulation, il existe un phénomène peu connu : le syndrome du follicule lutéinisé non rompu. Tout se déroule comme une ovulation, sauf que le follicule ne libère pas l’ovocyte. Cela pourrait concerner environ 1 cycle sur 10 chez des femmes fertiles (Qublan et al., Human Reproduction, 2006).

Le profil que je décris n’est pas celui d’une femme en particulier, mais une situation fréquente en consultation.

Une femme consulte après plus d’un an d’essais. Tests positifs chaque mois, cycles réguliers, bilan rassurant… et pourtant pas de grossesse.

Je ne remets pas en cause le signal. Je le relis : un test positif indique un pic de LH, pas la libération de l’ovocyte ni la qualité de la phase suivante.

En croisant plusieurs cycles, le test cesse d’être central : température, plateau, cohérence des signes complètent ce qu’il ne dit pas. C’est là sa limite. Il annonce le départ. Pas l’arrivée.

« Le problème, ce n’est pas qu’il ne se passe rien. C’est que ça se lance, mais pas toujours assez bien ni assez complètement. Et ce décalage-là est invisible sur un simple test d’ovulation. »

Sophie Rodriguez, naturopathe spécialisée dans l’accompagnement de la fertilité

Les 5 signes d’une ovulation réussie que je lis vraiment

  • Une glaire cervicale fertile, transparente et étirable comme du blanc d’œuf, 2 à 5 jours avant l’ovulation
  • Une hausse de la température basale de 0,2 à 0,5 °C juste après l’ovulation, qui se maintient ensuite
  • Un pic de LH détecté par test d’ovulation, 24 à 36 heures avant l’ovulation
  • Un col de l’utérus qui remonte, se ramollit et s’ouvre légèrement à l’approche de l’ovulation
  • Une cohérence d’ensemble du cycle : phase lutéale stable de 12 à 14 jours, énergie présente, SPM modéré

Aucun de ces signes ne suffit seul. C’est leur convergence qui confirme une ovulation réussie, jamais un repère isolé. Trois sont vraiment spécifiques, deux sont des indicateurs complémentaires. Voici comment je les lis, un par un.

1. La glaire cervicale fertile, le signe le plus fiable au quotidien

La glaire cervicale fertile devient transparente, étirable et fluide, comme du blanc d’œuf cru, sous l’effet du pic d’œstrogènes pré-ovulatoire. Elle apparaît 2 à 5 jours avant l’ovulation, puis disparaît brutalement après.

Mais en cabinet, je vais plus loin. La glaire ne dit pas seulement « je suis fertile maintenant ». Une glaire qui reste collante tout le cycle, ou qui n’apparaît jamais en version fertile, signale presque toujours un terrain œstrogénique faible ou perturbé. C’est l’un des premiers éléments que je regarde, avant même les bilans. Pour celles que ça concerne, j’ai détaillé le sujet dans mon article sur l’amélioration de la glaire cervicale.

Fiabilité : élevée, surtout observée sur plusieurs cycles.

2. La hausse de la température basale, le signe d’après

La température basale monte de 0,2 à 0,5 °C après l’ovulation, sous l’effet de la progestérone, et reste élevée jusqu’aux règles. Ce signe est rétrospectif : il confirme quelques jours après, il n’anticipe pas.

Ce que je regarde, ce n’est pas seulement la hausse. C’est la durée du plateau. Un plateau qui tient moins de 10 jours signale une phase lutéale courte, donc une progestérone insuffisante. Or la phase lutéale est le maillon le plus souvent fragile, et le plus souvent ignoré dans les bilans standards (Symul et al., NPJ Digital Medicine, 2019).

Fiabilité : élevée a posteriori, sur 2 à 3 cycles réguliers.

3. Le pic de LH détecté par test d’ovulation

Le pic de LH survient 24 à 36 heures avant l’ovulation et se détecte dans les urines. Un test positif identifie donc le moment où la fenêtre fertile entre dans sa phase active, pas l’instant de l’ovulation.

Ce que ce test ne dit pas, c’est si la rupture folliculaire a vraiment lieu. C’est pourquoi je ne m’appuie jamais sur le seul test de LH. Je le croise avec la glaire en amont et la température en aval. Quand les trois convergent, la confirmation devient solide.

Fiabilité : élevée pour anticiper, à confirmer ensuite.

4. La position et la consistance du col de l’utérus

Sous l’effet des œstrogènes, le col remonte, s’ouvre légèrement, devient mou et humide à l’approche de l’ovulation. Après, il redescend, se referme et redurcit.

Ce signe est peu enseigné et surtout utilisé par les femmes formées à la symptothermie. Je le présente comme une ressource complémentaire, pas un signe à acquérir absolument. Beaucoup de femmes que j’accompagne se contentent très bien des trois premiers. Mais pour affiner une lecture dans les cycles atypiques, le col ajoute une couche utile.

Fiabilité : intermédiaire, croissante avec la pratique.

5. La cohérence d’ensemble du cycle, le marqueur le plus parlant

Ce dernier repère n’est pas un signe au sens classique. C’est une lecture intégrée du cycle dans sa durée. Quand l’ovulation se passe bien, tout converge : phase folliculaire régulière, glaire cohérente, phase lutéale stable autour de 12 à 14 jours, énergie qui suit, SPM modéré.

Aucun test ne donne ce signe. Aucune application ne le voit. C’est la lecture du cycle dans sa continuité, et c’est celle que je regarde le plus attentivement. Une glaire qui devient collante après des mois normaux, une phase lutéale qui raccourcit de deux jours : c’est presque toujours la rupture de cohérence qui m’alerte, bien avant les bilans (Bull et al., NPJ Digital Medicine, 2019).

Fiabilité : c’est ici que se loge le vrai marqueur de qualité.

Signe Moment du cycle Fiabilité
Glaire cervicale fertile 2 à 5 jours avant l’ovulation Élevée
Hausse de la température basale Après l’ovulation, en confirmation Élevée a posteriori
Pic de LH (test d’ovulation) 24 à 36 h avant l’ovulation Élevée pour anticiper
Position et consistance du col Autour de l’ovulation Intermédiaire
Cohérence d’ensemble du cycle Sur plusieurs cycles Marqueur clinique fort

« Ce que je cherche en consultation, ce n’est pas un signe magique. C’est la grammaire du cycle. Quand une phrase se casse, je le vois bien avant que les analyses ne le confirment. »

Sophie Rodriguez, naturopathe spécialisée en fertilité féminine

Voilà pour les repères fiables. Beaucoup d’autres circulent, et vous en avez sûrement déjà entendu parler. Leur valeur, en revanche, varie énormément.

15 autres signes d’ovulation, et ce qu’ils valent vraiment

Au-delà des cinq repères fiables, beaucoup de femmes décrivent d’autres signes qu’elles associent à une ovulation réussie. La plupart existent réellement. Mais pris isolément, aucun ne permet de conclure. Replacés dans la cohérence du cycle, ils ajoutent en revanche une vraie couche d’observation.

Les 8 signes physiques les plus cités

  • Tension ou sensibilité mammaire
  • Douleur d’un côté du bas-ventre, le mittelschmerz
  • Léger spotting d’ovulation
  • Ballonnements ou rétention d’eau passagère
  • Modification du col, déjà vue plus haut
  • Sensibilité accrue aux odeurs ou aux goûts
  • Légère fatigue ou variation d’énergie
  • Peau plus lumineuse, traits un peu affinés

Les 7 signes émotionnels et énergétiques

  • Hausse de la libido
  • Sensibilité émotionnelle plus forte
  • Sensation de bien-être ou de clarté mentale
  • Envie de lien, sociabilité accrue
  • Changement dans la qualité du sommeil
  • Variation de l’appétit ou des envies
  • Une « tension fertile » diffuse, difficile à nommer

Ces signes sont précieux, mais pas pour ce qu’on leur demande d’habitude. Ils ne servent pas à dater l’ovulation. Ils servent à apprendre son corps. Une femme qui les observe mois après mois construit une connaissance fine de son cycle, et repère une rupture bien plus vite. En clair, je les note dans la fiche d’observation, mais je ne les utilise jamais pour conclure, et je décourage de s’en servir pour dater des rapports.

Symptômes d’ovulation et ovulation réussie, ce n’est pas pareil

Sentir des symptômes d’ovulation ne prouve pas que l’ovulation est réussie. On peut ressentir une belle glaire, une douleur ovulatoire nette, une libido en hausse, et avoir malgré tout une ovulation fragile derrière. À l’inverse, on peut ne presque rien ressentir et avoir une ovulation parfaitement aboutie.

Les symptômes d’ovulation décrivent ce que le corps donne à percevoir au moment fertile. Les signes d’une ovulation réussie, eux, décrivent la qualité de la séquence complète, jusqu’à la phase lutéale. Sentir, ce n’est pas réussir. Voilà pourquoi je m’attache à la cohérence du cycle plutôt qu’à l’intensité des sensations.

Ovulation réussie ou grossesse : ne pas confondre les deux

Une ovulation réussie n’est pas une fécondation réussie. La première décrit la libération correcte d’un ovocyte. La seconde décrit sa rencontre avec un spermatozoïde, puis sa nidation. Ce sont deux événements séparés dans le temps, qui donnent des signes différents. Voilà la seconde confusion à lever.

Je la vois s’installer chez des femmes très informées, parce que beaucoup d’articles mélangent les deux registres pour parler aux femmes en projet bébé. Résultat : on attend des signes d’ovulation qu’ils confirment une grossesse. Ils ne le peuvent pas.

Les signes d’ovulation, avant et pendant la fenêtre fertile

Ce sont ceux de cet article : glaire fertile, pic de LH, hausse thermique, modification du col. Ils apparaissent autour de l’ovulation, durent quelques jours, puis s’effacent avec l’installation de la phase lutéale.

Les signes de début de grossesse, plus tard dans le cycle

Eux arrivent après, et ne se lisent pas au même moment. Un retard de règles, signe le plus tardif mais le plus net. Une température qui reste élevée au-delà de 14 jours post-ovulation. Une tension mammaire qui devient durable. Un éventuel spotting de nidation 8 à 12 jours après l’ovulation. La fatigue, les nausées ou les changements de goût suivent, mais ils sont variables et tardifs.

Distinguer les deux évite de s’épuiser à chercher dans le mauvais registre. Et si l’ovulation est belle mais que la grossesse tarde, la question se déplace souvent vers une autre dimension, comme la qualité ovocytaire, qui ne se lit ni dans la glaire ni dans la courbe.

Références scientifiques sur lesquelles je m’appuie pour lire l’ovulation

Cet article s’appuie sur la littérature physiologique et clinique de référence sur le cycle ovulatoire. Voici les travaux qui structurent ma lecture, avec une ligne honnête : la recherche décrit bien les signes, mais leur interprétation reste une affaire de contexte, jamais de signe isolé.

La physiologie du cycle et de l’ovulation

Reed BG, Carr BR, The Normal Menstrual Cycle and the Control of Ovulation. Endotext, 2018. Référence de base sur l’enchaînement hormonal du cycle. Holesh JE, Bass AN, Lord M,Physiology, Ovulation. , StatPearls, 2023, qui synthétise le déclenchement et la mécanique de l’ovulation.

La fiabilité des signes et la phase lutéale

Practice Committee of the ASRM, Optimizing natural fertility: a committee opinion, Fertility and Sterility, 2017, sur la valeur de la glaire et du suivi des signes. Symul L et al., NPJ Digital Medicine, 2019, et Bull JR et al., Real-world menstrual cycle characteristics of more than 600,000 menstrual cycles, NPJ Digital Medicine, 2019, deux analyses de grande ampleur sur la variabilité réelle des cycles et la fragilité fréquente de la phase lutéale.

Le follicule lutéinisé non rompu et le cadre clinique

Qublan H et al., Luteinized Unruptured Follicle Syndrome: Incidence and Recurrence Rate in Infertile Women with Unexplained Infertility Undergoing Intrauterine Insemination. Human Reproduction, 2006, sur cette situation où le pic de LH a lieu sans rupture folliculaire. Haute Autorité de Santé, recommandations sur la prise en charge des couples avec désir d’enfant, pour les seuils de délai avant bilan.

Peut-on être vraiment certaine qu’une ovulation a réussi ?

On ne peut jamais l’affirmer à 100 % sur un seul signe. La certitude vient de la convergence : les signes d’une ovulation réussie ne se lisent jamais isolément.

Le croisement des trois signes principaux, glaire fertile, pic de LH et hausse thermique, donne une probabilité très élevée qu’une ovulation a eu lieu. La durée du plateau renseigne ensuite sur la qualité de la phase lutéale. Et quand un doute persiste malgré ces signes, une échographie de monitoring au moment de l’ovulation, prescrite par un médecin, visualise directement la rupture folliculaire. C’est l’examen de référence, mais il n’a de sens que si les premiers signes ne suffisent pas.

Passer d’une lecture intuitive à une lecture structurée

Si vous voulez croiser vos propres signes au lieu de les lire un par un, j’ai conçu un outil gratuit qui réunit phase lutéale, signes corporels et marqueurs hormonaux. Ce n’est pas un diagnostic, c’est un repère.

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L’auto-observation a toutefois ses limites, et savoir quand passer la main fait partie d’une lecture honnête du cycle.

Quand consulter si vous doutez de votre ovulation

Tant que les cycles sont réguliers et que les signes convergent, l’auto-observation suffit pour répondre à la question de départ : oui, j’ovule, et probablement bien.

Certaines situations méritent en revanche un avis médical sans tarder. Des cycles très irréguliers ou absents sur plusieurs mois. Une absence persistante de glaire fertile. Une phase lutéale courte, sous 10 jours, qui se répète. Une douleur ovulatoire qui s’intensifie ou se prolonge. Et bien sûr, une absence de grossesse après 12 mois d’essais avant 35 ans, ou 6 mois au-delà de 35 ans (recommandation de la Haute Autorité de Santé).

Le suivi médical reste la première porte, jamais en opposition avec mon travail. Bilan hormonal, échographie pelvienne, parfois dosages successifs. Ce n’est pas une question de compétence, c’est une question de périmètre : le suivi standard pose un diagnostic et écarte une pathologie, il n’a ni le temps ni la mission de croiser pendant une heure votre glaire, vos courbes et votre terrain.

L’âge ajoute une nuance importante. Avec les années, surtout après 35 ans, c’est la qualité ovocytaire et la réserve ovarienne qui baissent, pas forcément la dynamique du cycle. Une femme peut garder des cycles parfaits et des ovocytes dont la qualité a diminué. Si c’est cette dimension qui vous préoccupe, j’en parle dans mon article sur tomber enceinte avec une réserve ovarienne faible.

Et si vos signes racontent l’inverse, des cycles qui se dérèglent et une incohérence qui revient mois après mois, c’est l’autre versant du sujet, que je traite dans mon article sur les signes d’une ovulation de mauvaise qualité.

Reconnaître une ovulation réussie, c’est apprendre à lire son cycle

Reconnaître une ovulation réussie, ce n’est pas trouver le signe parfait. C’est apprendre à lire son cycle dans la durée, et accepter que la fiabilité vient de la convergence des signes, jamais d’un test isolé.

Les femmes qui me consultent après avoir fait ce travail d’observation arrivent avec un avantage immense : elles savent déjà ce que leur corps dit. Reste à comprendre ce qu’il essaie de leur faire entendre.

« Avant de regarder les chiffres, je regarde la femme, son histoire, son corps, sa vie. La biologie vient confirmer ce que la clinique a déjà commencé à raconter. »

Sophie Rodriguez, naturopathe spécialisée dans les troubles de la fertilité

Pour aller un cran plus loin et estimer votre fenêtre d’ovulation à partir de votre phase lutéale réelle, et non du modèle théorique du jour 14, vous pouvez vous appuyer sur un calculateur pensé pour la physiologie du cycle.

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Les questions que vous me posez fréquemment sur les signes d’ovulation réussie

Voici les questions qui reviennent le plus en consultation quand il s’agit de savoir si une ovulation s’est réellement bien déroulée.

Quel est le premier signe d’une ovulation réussie ?

Le premier signe observable au quotidien est la glaire cervicale fertile, transparente et étirable comme du blanc d’œuf, qui apparaît 2 à 5 jours avant l’ovulation. C’est le repère le plus accessible et l’un des plus fiables, surtout suivi sur plusieurs cycles.

Comment savoir si mon ovulation a réussi ce mois-ci ?

Par la convergence de trois signes : une glaire fertile observée avant, un test d’ovulation positif au pic de LH, et une hausse de la température basale qui se maintient ensuite. Si la phase lutéale qui suit dure au moins 11 à 12 jours, l’ovulation peut être considérée comme fonctionnelle.

Une ovulation réussie signifie-t-elle une grossesse ?

Non. Une ovulation réussie veut dire qu’un ovocyte mature a été libéré dans de bonnes conditions. La grossesse suppose ensuite une fécondation puis une nidation, qui sont des étapes distinctes. On peut très bien avoir une belle ovulation sans grossesse ce cycle-là.

Peut-on avoir ses règles sans avoir ovulé ?

Oui, on parle de cycle anovulatoire : un saignement survient sans ovulation préalable, parce que l’endomètre s’est construit puis détaché sans phase progestative. Ces cycles sont fréquents après l’arrêt d’une contraception hormonale, en cas de SOPK, de trouble thyroïdien, de stress important ou à l’approche de la périménopause.

Quels signes montrent que mon ovulation n’a pas eu lieu ce cycle ?

Une glaire qui n’évolue jamais vers une consistance fertile, une absence de hausse thermique, des tests qui restent négatifs, et l’absence des signes de phase lutéale. Si cela se répète sur plusieurs cycles, c’est une autre lecture qui s’impose.

Combien de temps après l’ovulation peut-on savoir si on est enceinte ?

Un test urinaire fiable demande au moins 12 à 14 jours après l’ovulation pour détecter l’hCG, un dosage sanguin 2 à 3 jours plus tôt. Avant ce délai, aucun signe corporel ne confirme une grossesse : ce qu’on prend pour des signes précoces relève souvent de la phase lutéale normale, car la progestérone produit des sensations très proches.

Quels sont les signes d’une ovulation forte ou très marquée ?

Il n’existe pas d’« ovulation forte » au sens médical, mais certaines femmes ressentent une ovulation plus nettement que d’autres : glaire très abondante, douleur ovulatoire (le mittelschmerz) bien identifiable, libido en hausse marquée, seins plus sensibles. Ces signes traduisent surtout une bonne réponse aux œstrogènes, pas une ovulation « meilleure » qu’une autre. Une ovulation discrète peut être tout aussi réussie qu’une ovulation très ressentie.

Quels sont les 4 signes principaux de l’ovulation ?

Les quatre signes les plus utilisés pour repérer l’ovulation sont la glaire cervicale qui devient transparente et étirable, la légère hausse de la température basale juste après, le pic de LH détecté par test urinaire, et la modification du col de l’utérus. Pour confirmer une ovulation réellement réussie, j’y ajoute un cinquième repère, la cohérence d’ensemble du cycle, qui intègre tous les autres dans la durée.

Comment savoir si j’ai une bonne fertilité ?

Aucun signe d’auto-observation ne mesure la fertilité globale, qui dépend de nombreux facteurs (réserve ovarienne, qualité ovocytaire, perméabilité des trompes, facteur masculin). En revanche, des cycles réguliers, une glaire fertile présente chaque cycle, une phase lutéale stable et une ovulation confirmée sont des signaux encourageants d’un cycle qui fonctionne bien. Ils ne garantissent pas une grossesse, mais ils indiquent que la dynamique ovulatoire, elle, est au rendez-vous.

Le vocabulaire du cycle, sans jargon

Glaire cervicale fertile : sécrétion qui devient claire, fluide et étirable autour de l’ovulation, sous l’effet des œstrogènes. Elle permet le passage des spermatozoïdes. À distinguer des pertes blanches, plus générales.

Phase lutéale : seconde moitié du cycle, de l’ovulation aux règles. Sa durée normale est de 12 à 14 jours, sous l’effet de la progestérone produite par le corps jaune.

LH (hormone lutéinisante) : hormone dont le pic, 24 à 36 h avant l’ovulation, déclenche la rupture folliculaire. À ne pas confondre avec la FSH, qui assure la maturation du follicule en amont.

Corps jaune : structure formée à partir du follicule après l’ovulation. Il produit la progestérone qui stabilise la phase lutéale.

Mittelschmerz : douleur ovulatoire ressentie d’un côté du bas-ventre, par environ une femme sur cinq, du côté de l’ovaire actif.

Syndrome du follicule lutéinisé non rompu : situation où le pic de LH a bien lieu, mais le follicule ne libère pas l’ovocyte. Tout paraît normal hormonalement, sans ovulation réelle.